Puy Mary : la croix et la rose - Cantal - Auvergne
À 1 787 mètres, le vent ne fait pas de cadeaux. Et pourtant, quelqu'un a posé une rose. C'est ce détail qui arrête tout, cette petite fleur pâle, rose et crème, nichée dans les volutes de fer forgé de la croix sommitale comme si elle y avait toujours été, comme si le métal lui-même l'avait fait éclore. Autour d'elle, les arabesques du ferronnier - boucles, spirales, feuilles stylisées - déploient un luxe ornemental presque incongru à cette altitude, presque insolent face à la brutalité minérale du sommet. Quelqu'un, jadis, a voulu que la croix du Puy Mary soit belle. Pas seulement présente, belle. Sur la traverse horizontale, les mots gravés dans le fer : "Souvenir" à gauche, et à droite une date partiellement lisible : "1918", qui change soudainement la nature de l'image. Ce n'est plus seulement une croix de sommet. C'est une croix de deuil, hissée ici après l'hécatombe, dans ce geste immémorial qui consiste à porter sa peine là...