Nos aïeux Montluçonnais - Images d'antan #8

Dans cette modeste fresque vivante qui ressuscite le Montluçon populaire d'autrefois, celle des dimanches, celle des gestes simples et des joies partagées, évocation est faite de la vie de nos aïeux montluçonnais. 

Ils vivaient au rythme du métal et de la forge, dans ces quartiers où les cheminées dessinaient l'horizon. Mais venaient les dimanches bénis, ces moments où l'on déposait la blouse d'atelier pour revêtir les habits du repos, se retrouver entre amis ou en famille. 

Dès 1890, le comte de Beaufranchet fondait la Société des courses sur le plateau de Villars, à la sortie de Montluçon. Quelle fierté pour ces ouvriers de rejoindre ce champ de courses ! En 1928, l'hippodrome Saint-Jean fut inauguré dans la fierté générale, niché entre le château des Ducs de Bourbon et le Cher. On y venait en famille, on pariait quelques sous, on admirait les chevaux au galop et au trot, on oubliait pour quelques heures la dureté du labeur. Les courses cyclistes, elles aussi, attiraient les foules avec la même ferveur. 

Sur les routes poussiéreuses, nos aïeux encourageaient les coureurs, vibrant pour leurs champions locaux. C'était le spectacle populaire par excellence, accessible à tous, où l'on criait, où l'on applaudissait, où l'on communiait avec la même ferveur, dans une même passion partagée. 

Et puis il y avait ces gestes du quotidien : les cruches que l'on remplissait patiemment à la fontaine publique... rue de la Fontaine. Les bavardages entre voisines allaient bon train pendant que l'eau coulait. Des instants aussi précieux que les grandes fêtes pour tisser du lien social. 

Parmi les traditions locales, figurait cette curieuse coutume de la chevauchée de l'âne à Montluçon au cours de laquelle le mari battu par sa femme était promené par toute la ville, monté à l'envers sur un âne, coiffé d'un bonnet de coton, portant dans le dos un écriteau proclamant "Battu par sa femme et content". Cette coutume, vue aujourd'hui comme humiliante, révèle pourtant l'importance que nos ancêtres accordaient à l'ordre social et aux rôles conjugaux. 

Mais c'était surtout l'avenue de la République, avec son marché du dimanche matin, qui incarnait l'âme populaire de la Ville-Gozet. Dans ce quartier ouvrier, le commerce de détail était très vivant. On y croisait tout Montluçon : les métallurgistes en casquette, les femmes en tablier, les enfants courant entre les étals. Les ouvriers fréquentaient ces cafés où l'on refaisait le monde entre deux verres. L'avenue de la République incarnait la respiration de la cité ouvrière, cette artère où battait le pouls de Montluçon, où les vies se croisaient, où les nouvelles circulaient, où l'on se sentait appartenir à une communauté soudée par les mêmes épreuves, les mêmes rudesses de la vie et les mêmes espoirs. 

Ces scènes du quotidien - les courses à Villars et Saint-Jean, les fontaines, les marchés, les traditions burlesques - constituaient la trame de ces vies qui nous semblent aujourd'hui à la fois si proches et si lointaines. Nos aïeux montluçonnais savaient, malgré la dureté du labeur, malgré la modestie de leurs moyens, cultiver ces moments de joie partagée, de fierté collective, de communion populaire. 

Cette réalisation qui marie carte postale ancienne et intelligence artificielle nous offre un précieux témoignage qui nous rappelle, derrière les façades d'usines et les statistiques industrielles, ces femmes et ces hommes qui aimaient, riaient, s'émerveillaient et construisaient, dimanche après dimanche, la mémoire vivante de leur ville.

En leur mémoire, respect pour leurs vies.


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